Réforme 2027 du concours G-ISP (ex-IRA) : tout comprendre de la nouvelle épreuve QCM-QRC
En bref. À partir de la session 2027, le concours d'accès au G-ISP (ex-IRA) ne repose plus sur une seule épreuve écrite d'admissibilité, mais sur deux. Le cas pratique est maintenu, et une nouvelle épreuve mixte de QCM et de questions à réponse courte fait son apparition : deux heures, coefficient 3. Voici ce qui change concrètement, et comment vous y préparer.
Cet article expose ce qui change. Le contenu exact du programme — la liste complète des thèmes du QCM et les quatre thèmes d'actualité des QRC — est détaillé dans le programme du concours des IRA 2027.
Ce qui change à partir de 2027
Jusqu'à la session 2026, l'admissibilité au concours reposait pour l'essentiel sur une seule épreuve écrite : le cas pratique. Un arrêté du 24 avril 2026, qui modifie l'arrêté fondateur du 28 mars 2019, rebat les cartes.
Désormais, les candidats affrontent deux épreuves écrites d'admissibilité :
La première est le cas pratique d'actualité des politiques publiques de l'État, maintenu à l'identique. Il place le candidat dans la situation réelle d'un attaché d'administration : à partir d'un dossier, produire une note argumentée répondant à une problématique, assortie le cas échéant de documents opérationnels (Notre méthodologie complète ).
La seconde est une épreuve entièrement nouvelle, mixte, combinant un questionnaire à choix multiples et des questions à réponse courte. C'est elle qui bouleverse la préparation.
Cette réforme accompagne la transformation des anciens Instituts régionaux d'administration (IRA) en Instituts du service public, regroupés sous l'appellation G-ISP. Six instituts subsistent — Bastia, Lille, Lyon, Nanterre, Nantes et Metz — et les modalités d'épreuves sont communes aux trois voies d'accès (externe, interne, troisième concours).
Le détail de la nouvelle épreuve mixte
La nouvelle épreuve dure deux heures et pèse d'un coefficient 3 — un poids considérable, qui en fait un point de bascule de l'admissibilité. Elle se compose de deux parties distinctes.
La première partie : 60 questions à choix multiples. Elles vérifient vos connaissances dans trois grands domaines : la culture administrative et juridique, les finances publiques, et l'organisation et les politiques des institutions européennes. On est ici dans l'évaluation de connaissances précises, factuelles, où l'à-peu-près ne pardonne pas.
La seconde partie : des questions à réponse courte. Trois sujets d'actualité sont proposés ; vous en traitez deux. L'exercice n'évalue plus seulement ce que vous savez, mais votre capacité à analyser, à rédiger de façon synthétique et à mettre en perspective les enjeux d'une politique publique.
Cette combinaison est redoutable parce qu'elle sollicite deux compétences opposées dans un temps très resserré : la restitution rapide et sûre pour le QCM, puis la réflexion structurée pour les QRC.
Le programme précis à maîtriser
Pour la partie QCM, l'arrêté balise trois champs qu'il faut couvrir méthodiquement.
Culture administrative et juridique : droit constitutionnel (Constitution, institutions, procédure législative), institutions administratives (État, collectivités territoriales, juridictions), droit administratif (action administrative, contentieux, responsabilité), et gestion des ressources humaines publiques (statut, déontologie).
Finances publiques : les grands principes budgétaires, la LOLF, les finances de l'État et des collectivités.
Institutions européennes : leur organisation, leur fonctionnement et les grandes politiques de l'Union.
Ces trois blocs ne sont pas nouveaux : les anciens QCM des IRA, toujours en ligne, portaient exactement sur le même périmètre.
Pour la partie QRC, il n'y a pas de programme fermé : le champ est celui de l'actualité des politiques publiques. C'est ce qui rend cette partie la plus difficile à préparer — elle exige une veille régulière tout au long de l'année, et non un bachotage de dernière minute.
Pourquoi cette épreuve désarçonne les candidats
Trois raisons expliquent l'inquiétude légitime des candidats face à cette nouveauté.
Aucune annale n'existe. Personne ne s'est jamais présenté à cette épreuve. Il n'y a ni corrigé de référence, ni copie de major à étudier, ni recul sur le niveau d'exigence réel du jury. Vous préparez un exercice inédit.
Le QCM ne récompense pas l'à-peu-près. Contrairement au cas pratique, où une argumentation solide peut compenser une lacune ponctuelle, le QCM est binaire : on sait ou on ne sait pas. Cela suppose une révision d'une précision presque scolaire, sur un programme large.
Les QRC exigent une veille continue. On ne rattrape pas en quinze jours une année d'actualité administrative. Les candidats qui s'y mettent tard sont structurellement pénalisés.
Comment se préparer efficacement
Face à cette réforme, trois principes de préparation s'imposent.
Commencez tôt, et étalez. La partie QRC ne se prépare pas dans l'urgence : elle demande une exposition régulière à l'actualité institutionnelle, aux réformes en cours, aux grands débats de finances publiques et d'Europe. Une veille mensuelle structurée, dès l'automne, vaut infiniment mieux qu'un rattrapage précipité au printemps.
Traitez le QCM comme un socle de connaissances à consolider. Il faut couvrir tout le programme, sans impasse, avec des entraînements réguliers pour ancrer les réflexes. Un travail par thème, suivi de séries de questions pour vérifier l'acquisition, est la méthode la plus sûre.
Ne négligez pas le cas pratique pour autant. L'arrivée de la nouvelle épreuve ne diminue pas l'importance du cas pratique, qui reste au cœur de l'admissibilité. Le piège serait de sur-investir la nouveauté au détriment de l'exercice historique.
Ces épreuves s'inscrivent dans un calendrier resserré : inscription, écrits, oral et résultats sont détaillés dans notre article sur la session 2027.
L'accompagnement Sillage
Chez Sillage, mes supports ont été refondus dès la parution de l'arrêté du 24 avril 2026, pour intégrer précisément ce nouveau format.
La préparation à l'écrit couvre les deux épreuves : la maîtrise méthodologique du cas pratique, et un travail dédié à la nouvelle épreuve mixte — une banque de QCM couvrant l'ensemble du programme, et un travail spécifique sur la technique des QRC.
Pour la veille d'actualité qu'exigent les QRC, La Lettre du candidat, ma revue mensuelle, fournit chaque mois la matière institutionnelle, budgétaire et européenne, analysée sous l'angle du concours.
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La réforme ne crée pas l'épreuve, elle en change le poids : l'admissibilité pèse désormais 8 contre 7 à l'oral. Le kit de démarrage est gratuit — le programme du QCM décodé et un autotest de 50 questions corrigées, pour situer votre niveau sur une épreuve devenue décisive.
Sources : arrêté du 24 avril 2026 modifiant l'arrêté du 28 mars 2019 relatif aux concours d'entrée aux instituts du service public ; portail de la fonction publique (DGAFP).