Le programme du concours des IRA (G-ISP) 2027 : ce que dit exactement l'arrêté du 24 avril 2026

En bref. Contrairement à une idée répandue, le QCM ne remplace pas le cas pratique : l'arrêté du 24 avril 2026 ajoute une seconde épreuve écrite d'admissibilité sans supprimer la première. Son annexe I fixe le programme du QCM point par point et arrête une liste fermée de quatre thèmes pour les questions à réponse courte. Voici le contenu exact du programme, ce qu'il implique pour l'équilibre du concours, et les pièges du texte.

Depuis le printemps, une idée circule dans les groupes de préparation : le concours des IRA passerait au QCM, et le cas pratique disparaîtrait. C'est faux, et la confusion coûte cher à qui organise ses révisions dessus.

L'arrêté du 24 avril 2026, publié au Journal officiel du 29 avril, ne remplace rien. Il ajoute. Son article 2 substitue, dans l'arrêté fondateur du 28 mars 2019, les mots « deux épreuves écrites » aux mots « une épreuve écrite ». Le cas pratique devient la première épreuve d'admissibilité ; une seconde épreuve, mixte QCM et QRC, vient s'installer à côté de lui.

Cet article détaille ce que le texte prévoit exactement : le contenu des deux parties de la nouvelle épreuve, le programme du QCM point par point, la liste — fermée — des thèmes des QRC, et les conséquences concrètes sur l'équilibre du concours. Il s'appuie sur l'arrêté lui-même et sur son annexe I, pas sur les résumés qui en ont été faits.

Deux épreuves écrites au lieu d'une

À partir de la session 2027, l'admissibilité repose sur deux écrits.

Première épreuve d'admissibilité — le cas pratique. Inchangée dans sa nature. Le candidat résout un cas pratique à partir d'un dossier portant sur un ou plusieurs thèmes d'actualité des politiques publiques relevant de l'État. La production attendue reste la note argumentée assortie de documents annexes opérationnels. Durée : 4 heures. Coefficient : 5 selon les documents de la session 2026 — l'arrêté modificatif ne le mentionne pas, il semble donc rester à 5, mais la version consolidée de l'arrêté de 2019 fera foi le jour où l'arrêté d'ouverture de la session 2027 sera publié. Voici la méthodologie complète de l'épreuve.

Deuxième épreuve d'admissibilité — QCM et QRC. Nouvelle. Deux heures, coefficient 3.

Épreuve orale d'admission. Inchangée. Coefficient 7.

Un détail rédactionnel de l'arrêté mérite d'être noté au passage : l'article 6 se contente de récrire en toutes lettres les chiffres « 30 » et « 5 » figurant à l'article 4 de l'arrêté de 2019 — la limite de pagination du dossier et le seuil de note éliminatoire. Ce sont des corrections de forme, sans portée sur le fond.

Le centre de gravité du concours se déplace vers l'écrit

C'est la conséquence la moins commentée de la réforme, et probablement la plus importante pour un candidat.

Jusqu'à la session 2026, l'admissibilité pesait 5 points de coefficient et l'oral 7. L'oral était donc majoritaire : un écrit moyen pouvait être rattrapé par une prestation solide devant le jury.

À partir de 2027, l'admissibilité pèse 8 (5 + 3) contre 7 pour l'oral. Le rapport s'inverse. L'écrit devient la part dominante du barème.

Concrètement : la stratégie consistant à passer l'admissibilité de justesse en comptant sur l'oral pour faire la différence devient nettement plus risquée. Et un candidat qui néglige la nouvelle épreuve au motif qu'elle « ne pèse que 3 » se prive d'un tiers de son admissibilité.

La deuxième épreuve, partie par partie

L'article 5 de l'arrêté rétablit un article 3 dans le texte de 2019 et décrit l'épreuve en deux parties.

Première partie : le QCM

Un questionnaire à choix multiples destiné à vérifier les connaissances du candidat dans trois domaines : culture administrative et juridique, finances publiques, organisation, fonctionnement et politiques des institutions européennes.

L'arrêté fixe un plafond : soixante questions au maximum. C'est un maximum, pas un nombre fixe — le jury peut en poser moins.

Seconde partie : les QRC

Des questions à réponse courte portant sur des thèmes d'actualité. L'objectif énoncé par le texte n'est pas la restitution de connaissances : il s'agit d'évaluer la capacité du candidat à analyser, rédiger et mettre en perspective les enjeux d'une politique publique. Le verbe « mettre en perspective » n'est pas décoratif ; il annonce une attente de recul, pas de récitation.

Le dispositif comporte un choix : trois questions sont proposées, le candidat en traite deux, et il choisit au moment de l'épreuve.

Ce que l'arrêté ne dit pas

Autant le savoir avant de se construire des certitudes :

  • la répartition du temps entre QCM et QRC n'est pas fixée — les deux heures couvrent l'ensemble ;

  • le barème interne (points par question, pénalisation éventuelle des mauvaises réponses au QCM) n'est pas précisé ;

  • la longueur attendue des réponses courtes ne l'est pas davantage.

Ces éléments relèveront des consignes de l'épreuve ou des rapports de jury. Méfiez-vous des sites qui les affirment aujourd'hui.

Une règle de notation particulière

L'article 8 modifie l'article 10 de l'arrêté de 2019 : par exception au principe général, le total de points de la deuxième épreuve d'admissibilité est ramené à une note sur vingt avant application du coefficient. La formule confirme que l'épreuve est d'abord notée en points bruts, puis convertie.

Le programme du QCM, point par point

C'est l'apport le plus directement exploitable de l'arrêté : le programme du QCM est fixé en annexe I, et il est fermé. Ce qui n'y figure pas ne peut pas être demandé.

Voici la liste intégrale, telle qu'elle se présente dans le texte.

I — Culture administrative et juridique

A. Droit constitutionnel

  1. La Constitution et la hiérarchie des normes

  2. Le Conseil constitutionnel

  3. Le pouvoir exécutif : le Président de la République ; le Gouvernement

  4. Le pouvoir législatif : le Parlement ; la procédure législative ordinaire ; le contrôle de l'action du Gouvernement et l'évaluation des politiques publiques

B. Institutions administratives

  1. L'administration de l'État : administration centrale ; autorités indépendantes et organes centraux de conseil et de contrôle (Défenseur des droits, Conseil économique, social et environnemental, Conseil d'État, Cour des comptes) ; administration territoriale de l'État et déconcentration ; les juridictions administratives ; la réforme de l'État depuis vingt ans

  2. Les collectivités territoriales : libre administration et décentralisation (grandes étapes et principes généraux) ; formes de collectivités territoriales, coopération intercommunale et attributions ; contrôles sur les collectivités territoriales ; réforme des collectivités territoriales depuis 2014

C. Droit administratif

  1. L'action administrative : grands principes du service public, notion de service public, intérêt général ; procédure administrative non contentieuse (consultation, motivation, transparence) ; contrôle de légalité ; pouvoir réglementaire ; actes administratifs unilatéraux et contrats administratifs

  2. Les grands principes du contentieux administratif et de la responsabilité administrative

D. Gestion des ressources humaines dans les administrations publiques

  1. Les principes généraux du statut général des fonctionnaires et leur application

  2. Droits et obligations du fonctionnaire, déontologie et discipline

II — Finances publiques

A. L'approche globale des finances publiques

  1. Les grands principes : annualité, unité, universalité, spécialité, sincérité

  2. Le pilotage : gouvernance financière et budgétaire de la zone euro ; incidences économiques des mesures budgétaires et fiscales ; maîtrise des finances publiques

  3. Les acteurs : gestionnaires, ordonnateurs et comptables ; juridictions financières

B. Le budget de l'État

  1. Les lois de finances : catégories de lois de finances ; loi organique relative aux lois de finances du 1er août 2001 ; loi de finances et loi de programmation des finances publiques ; préparation et adoption des projets de loi de finances ; contenu et structure ; exécution et contrôle

  2. Les ressources : ressources fiscales de l'État ; ressources d'emprunts ; autres ressources

  3. Les dépenses : architecture budgétaire par missions et par programmes ; nomenclature par destination et par nature ; portée et modifications apportées en cours d'exécution à l'autorisation initiale de dépenser

  4. La gestion budgétaire : déficit, emprunt, dette ; textes réglementaires relatifs à la gestion budgétaire et comptable publique

III — Organisation, fonctionnement et politiques des institutions européennes

A. Les grandes étapes de la construction européenne et les élargissements : les traités ; les États membres

B. Les aspects institutionnels et financiers de l'Union : adhésion et retrait ; composition et attributions des institutions ; processus décisionnels et rôle des parlements nationaux ; principes généraux du budget de l'Union et contribution financière des États membres

C. Les principales politiques : libertés de circulation (travailleurs, marchandises, services, capitaux) ; politique agricole commune et développement rural ; politique régionale ; politique commerciale commune ; politique économique et monétaire ; politique étrangère et de sécurité commune ; politique sociale

D. La protection des droits fondamentaux : valeurs de l'Union et leur protection ; Charte des droits fondamentaux et Cour de justice de l'Union européenne ; Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et Cour européenne des droits de l'homme

Comment lire cette liste

Trois observations, du point de vue de la préparation.

D'abord, le bloc européen est massif. Il occupe un tiers du programme et ratisse large : institutions, budget, sept politiques sectorielles, droits fondamentaux. C'est probablement la partie la moins bien couverte par les révisions spontanées des candidats, et celle où l'écart se creusera le plus.

Ensuite, le programme est rédigé à un niveau de généralité qui exclut la question de spécialiste. « Les grands principes du contentieux administratif » n'appelle pas la connaissance d'une jurisprudence de section ; il appelle la maîtrise des catégories de recours et des grands régimes de responsabilité. Le QCM vérifie une culture, pas une érudition.

Enfin, cette liste est votre plan de révision. Chaque tiret est une fiche. Le travail n'est pas de tout lire, c'est de cocher.

Les QRC : quatre thèmes, et pas un de plus

Voici l'information que la plupart des candidats vont manquer.

L'expression « thèmes d'actualité » laisse imaginer un périmètre illimité, où il faudrait suivre toute l'actualité administrative de l'année. Ce n'est pas le cas. L'annexe I fixe la liste, et elle comporte quatre entrées :

  1. Finances publiques et intervention économique

  2. Évolution des services publics : enjeux de transformation, notamment numérique ; simplification, efficience et évaluation

  3. Système éducatif, du premier degré à l'enseignement supérieur

  4. Organisation territoriale de la France

Quatre thèmes, trois questions proposées le jour de l'épreuve, deux à traiter. Autrement dit : le candidat qui maîtrise solidement trois thèmes sur quatre a une probabilité élevée de trouver ses deux questions. Celui qui en maîtrise deux prend un vrai risque.

Notez aussi la cohérence interne du dispositif : les thèmes 1 et 4 recoupent directement des pans du programme du QCM — finances publiques, collectivités territoriales. Le travail de révision n'est cloisonné entre les deux parties de l'épreuve qu'en apparence.

Trois pièges du texte

L'absence à une épreuve annule l'autre. L'article 7 ajoute une phrase sans ambiguïté à l'article 9 de l'arrêté de 2019 : en cas d'absence à l'une des épreuves d'admissibilité, la participation éventuelle à l'autre n'est pas notée. Il n'y a donc pas d'impasse possible. Manquer le QCM-QRC ne signifie pas « perdre 3 points de coefficient », mais sortir du concours.

La session 2026 n'est pas concernée. L'article 12 fixe l'entrée en vigueur à la date de publication de l'arrêté d'ouverture des concours de la session 2027. Les candidats de la session en cours composent selon les règles antérieures.

Les IRA changent de nom. L'arrêté substitue partout « instituts du service public » à « instituts régionaux d'administration », et transfère au directeur du Groupe des instituts du service public des compétences jusque-là exercées par les directeurs d'institut. C'est la traduction réglementaire du décret du 26 janvier 2026 créant le G-ISP. Le concours, lui, garde sa structure : cinq instituts, des épreuves communes — et, pour l'institut de Lille, deux sites de formation.

Ce que cela change pour votre préparation

Un candidat qui se présente en 2027 doit tenir deux logiques de travail difficiles à confondre.

Le cas pratique récompense une méthode : lire un dossier sous contrainte de temps, identifier la commande, produire une note et des annexes opérationnelles. Il ne se prépare pas en apprenant, mais en s'entraînant — et le meilleur matériau reste les annales et les rapports de jury.

Le QCM récompense exactement l'inverse : une couverture de programme, régulière, cumulative, où la précision compte. On ne rattrape pas un QCM à l'intuition.

Les QRC, elles, tiennent des deux. Il faut connaître les quatre thèmes, mais la note se joue sur la capacité à structurer une réponse courte et à prendre du recul en peu de lignes — une compétence de rédaction, pas de mémorisation.

La conséquence pratique est un calendrier. La couverture du programme du QCM se construit sur plusieurs mois, par petites sessions régulières, pendant que l'entraînement au cas pratique se concentre sur des devoirs complets et espacés. Commencer les deux en mars pour des écrits en avril ne fonctionne pas. Les dates de la session 2027 donnent le cadre : c'est dès l'automne 2026 que le travail doit démarrer.

Pour aller plus loin

Cet article donne le contenu du programme. Savoir quoi réviser est un point de départ ; s'entraîner dans les conditions de l'épreuve en est un autre.

Sillage propose une préparation individuelle aux épreuves écrites : maîtrise du cas pratique avec corrections détaillées de vos copies, travail dédié à la nouvelle épreuve de QCM-QRC, et une revue mensuelle qui fournit la matière d'actualité que les QRC exigent.

Vous préférez en parler de vive voix ? En 20 minutes, faisons le point sur votre préparation et vos axes de travail.

Le programme est désormais connu dans le détail. Reste la question que l'arrêté ne tranche pas : où en êtes-vous, thématique par thématique ? Le kit de démarrage est gratuit — il reprend ce programme décodé et y ajoute un autotest de 50 questions corrigées qui situe votre niveau sur chacune des six parties.

Sources : arrêté du 24 avril 2026 modifiant l'arrêté du 28 mars 2019 fixant les règles d'organisation générale, la nature, la durée, le programme des épreuves et la discipline des concours d'entrée aux instituts du service public (NOR : CPPF2611125A), publié au Journal officiel du 29 avril 2026 ; arrêté du 28 mars 2019 modifié. Le coefficient de la première épreuve d'admissibilité est celui applicable à la session 2026 ; vérifiez-le à la publication de l'arrêté d'ouverture de la session 2027.

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