En bref. Le concours interne d'accès aux IRA — désormais instituts du service public — s'adresse aux agents publics qui totalisent au moins quatre ans de services. Les épreuves écrites sont les mêmes que pour l'externe ; la différence se joue à l'oral, construit sur votre dossier RAEP. Cet article répond aux questions propres aux candidats déjà en poste : qui peut se présenter, ce que l'expérience change, comment préparer en travaillant, et ce que l'on gagne à la clé.
Pour le calendrier de la session 2027 et les étapes de l'inscription, voir notre article Concours IRA 2027 : dates, inscription et calendrier.
Qui peut se présenter au concours interne ?
La condition centrale tient en une ligne : justifier d'au moins quatre années de services publics à la date de clôture des inscriptions. C'est cette date, et non le jour des épreuves, qui compte.
Le concours est ouvert bien au-delà des seuls fonctionnaires de l'État. Peuvent s'inscrire :
les fonctionnaires et agents contractuels de l'État, des collectivités territoriales et des établissements hospitaliers ;
les militaires et les magistrats ;
les agents en fonction dans une organisation internationale intergouvernementale ;
les candidats ayant servi dans une administration comparable d'un autre État de l'Union européenne ou de l'Espace économique européen.
Trois points méritent d'être vérifiés avant de s'inscrire :
Votre position administrative. À la clôture des inscriptions, vous devez être en activité, en détachement ou en congé parental.
Les périodes exclues. Les périodes de formation initiale accomplies comme élève ou fonctionnaire stagiaire dans une école ne comptent pas dans les quatre ans.
Le décompte exact. Demandez tôt un état des services à votre service RH : c'est la pièce qui fait foi.
Les conditions sont contrôlées après les épreuves, au plus tard à l'entrée en formation. Un candidat qui ne les remplit pas perd le bénéfice de sa réussite : mieux vaut lever le doute avant l'inscription.
Vous n'avez pas encore quatre ans de service ? Le troisième concours peut être une alternative si vous avez cinq ans d'expérience dans le privé, un mandat local ou une responsabilité associative.
Ce qui change quand on passe l'interne
À l'écrit, rien. Les trois voies passent les mêmes épreuves d'admissibilité, le même jour, avec les mêmes sujets. Depuis la réforme 2027, elles sont au nombre de deux :
le cas pratique, sur un dossier lié aux politiques publiques de l'État ;
la nouvelle épreuve de QCM et QRC, en deux heures, coefficient 3.
L'expérience administrative reste un atout à l'écrit : un agent en poste lit plus vite une note de service ou un tableau budgétaire. Mais le correcteur ne sait pas par quelle voie vous concourez. Seule la copie compte.
À l'oral, tout. L'entretien d'une trentaine de minutes s'appuie, pour l'interne, sur un dossier RAEP (reconnaissance des acquis de l'expérience professionnelle). Le jury l'a lu avant de vous recevoir. Il en tire ses premières questions.
C'est là que l'interne dispose d'un vrai levier. Le jury attend moins une liste de postes qu'une démonstration : ce que vous avez appris, les situations que vous avez gérées, et ce qui vous rend prêt à encadrer ou à piloter. Un parcours de catégorie B ou C bien raconté vaut souvent plus qu'un CV impressionnant mal exploité.
Le dossier RAEP n'est demandé qu'aux candidats admissibles, dans un délai court après les résultats : quinze jours lors des dernières sessions. Il se prépare donc bien avant. Pour le déroulé de l'entretien, voir l'oral du concours IRA.
Préparer le concours en étant en poste
Le principal défi de l'interne n'est pas le niveau : c'est le temps. La préparation se cale entre les dossiers du service, et les semaines chargées arrivent toujours au mauvais moment. Trois leviers permettent de s'organiser.
1. Les dispositifs de votre employeur. Plusieurs outils existent dans la fonction publique, à demander tôt à votre service formation :
les préparations organisées par l'administration (IGPDE, ministères, centres de préparation) : l'inscription à une préparation ne vaut pas inscription au concours ;
la décharge de service : lorsque la préparation se déroule pendant le temps de travail, l'agent peut être déchargé d'une partie de ses obligations pour la suivre ;
le compte personnel de formation (CPF), qui peut compléter cette décharge ;
jusqu'à cinq jours par an de préparation personnelle, pris sur votre compte épargne-temps ou, à défaut, sur votre CPF, selon un calendrier validé par l'employeur.
Les modalités varient selon le versant et l'administration. Le plus sûr est d'en parler à votre responsable et au service RH dès que votre décision est prise.
2. Un rythme régulier plutôt que des sessions intensives. Des créneaux fixes chaque semaine tiennent mieux sur la durée qu'un rattrapage le week-end. L'objectif est d'avancer de front sur le cas pratique et sur le QCM-QRC : depuis la réforme, une absence à l'une des deux épreuves écrites empêche la prise en compte de l'autre.
3. Votre poste comme terrain d'entraînement. Les notes que vous rédigez, les réunions que vous préparez, les arbitrages auxquels vous assistez nourrissent directement le cas pratique et l'oral. Prenez l'habitude de noter les situations marquantes : elles formeront la matière de votre dossier RAEP.
Ce que l'on gagne à la clé
Un accès à la catégorie A. Le concours mène au corps des attachés d'administration de l'État, avec des postes en administration centrale, en services déconcentrés ou en établissement public.
Une formation rémunérée de quatorze mois. Elle comprend huit mois de scolarité en institut, dont un stage de six semaines, puis six mois sur le premier poste d'affectation.
Le maintien de votre rémunération. Les élèves déjà fonctionnaires ou agents publics conservent la rémunération de leur poste précédent pendant la formation. Pour un agent installé, c'est souvent ce point qui lève la dernière hésitation.
Une mobilité à anticiper. Le premier poste est choisi selon le rang de classement, parmi des postes situés partout en France. C'est une question à aborder en famille avant de s'inscrire, pas après les résultats.
Questions fréquentes sur le concours IRA interne
Peut-on passer le concours interne en étant contractuel ?
Oui. Le concours est ouvert aux agents contractuels de droit public comme aux fonctionnaires, dès lors qu'ils totalisent quatre ans de services publics à la clôture des inscriptions.
Un agent territorial ou hospitalier peut-il se présenter ?
Oui. Le concours interne n'est pas réservé aux agents de l'État : les agents des collectivités territoriales et des établissements hospitaliers peuvent aussi s'inscrire.
Les années de stage ou d'école comptent-elles dans les quatre ans ?
Non. Les périodes de formation initiale en école, accomplies comme élève ou fonctionnaire stagiaire, ne sont pas prises en compte.
Peut-on s'inscrire à l'interne et à l'externe la même année ?
Non. Le candidat choisit un seul concours au moment de l'inscription, et ce choix devient définitif à la clôture.
Faut-il l'accord de son employeur pour s'inscrire ?
L'inscription est une démarche personnelle. En revanche, l'employeur intervient pour l'état des services, et pour toute décharge ou formation demandée afin de préparer le concours.
Quand faut-il envoyer le dossier RAEP ?
Seulement si vous êtes admissible, dans un délai court après les résultats d'admissibilité. L'arrêté d'ouverture de la session fixe la date exacte.
Préparer l'interne avec Sillage
Sillage accompagne les agents en poste avec une préparation individuelle conçue pour leur emploi du temps : cas pratique, nouvelle épreuve de QCM-QRC, puis construction du dossier RAEP et simulations d'oral dès la fin des écrits.
20 minutes, gratuit, en visio ou par téléphone — pour faire le point sur votre situation avant de vous engager.
Sources : arrêté du 22 novembre 2022 portant ouverture de la session de printemps 2023 des concours d'accès aux IRA (conditions d'accès et calendrier du dossier RAEP) ; notice d'inscription aux concours des IRA (DGAFP) ; page « Concours et formation des IRA » (fonction-publique.gouv.fr) ; décret n° 2017-928 du 6 mai 2017 et décret n° 2007-1470 du 15 octobre 2007 (préparation aux concours, CPF) ; arrêté du 24 avril 2026. Les conditions de la session 2027 seront confirmées par l'arrêté d'ouverture, attendu en janvier 2027.